COMME C'EST BEAU!
POÉSIE ET ECOLOGIE

Voir “l’Ouvert” : les “Elégies de Duino” de Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke, poète né à Prague en 1875, séjourna quelque temps dans le chateau de Duino au bord de l’Adriatique, où il composa les “Elégies de Duino”, sans doute son chef d’oeuvre.

A propos de la 8ème Elégie, Roger Munier a écrit : “le poète pointe le doigt sur un invisible qui fait de l’humain un spectateur, un être hors du monde”.

Et en effet cet invisible, cet “Ouvert” comme l’appelle Rilke, est difficilement accessible à l’homme qui “ne peut laisser être. Il faut qu’il situe, distingue, repère, donne lieu”. Au contraire de l’animal, qui a directement accès à cet invisible, parce qu’il “n’a pas la conscience qui rassemble et délimite, érige dans la lumière, concentre mais sépare”. C’est pourquoi “tous les yeux de tout ce qui vit voient dans l’Ouvert…et seuls nos yeux sont comme retournés, posés autour de tout comme des pièges, scellant toute ouverture…”

Voici un court extrait de cette 8ème Elégie, traduite par Gérard Signoret, et lue par Vincent Planchon, sur le site Audiocite.net

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2019-11-12T18:09:22+01:00juin 19th, 2010|Mots-clés : , |Commentaires fermés sur Voir “l’Ouvert” : les “Elégies de Duino” de Rainer Maria Rilke

Qu’est-ce que c’est un homme : Satprem

Satprem, de son vrai nom Bernard Engiger, né à Paris en 1923 passa toutes les dernières années de sa vie en Inde, où il fut notamment le confident de Mirra Alfassa, dite “Mère”, une grande figure spirituelle et la compagne du sage hindou Sri Aurobindo , à propos de laquelle il écrivit de nombreux livres.

Lui-même fût très marqué par un séjour de 1,5 ans au camp de Mathausen, où il frôla la mort jour après jour, et passa une bonne partie de sa vie à essayer de trouver un sens à l’évolution humaine.

Car c’est bien lorsque “tout est cassé”, lorsque l’on est débarassé de “toute cette croute supeficielle” de la philosophie, de la religion, de la famille, de l’amour, que l’on peut arriver selon lui “à cet instant humain où on est ce qu’est l’homme réellement”

Et selon sa vision, dans la crise actuelle “on n’est pas dans une crise morale, on n’est pas dans une crise politique, financière, religieuse, on est dans une crise évolutive. On est en train de mourir à l’humanité pour naître à autre chose”

Voici un court extrait de son interview par le journaliste italien David Montemurri en 1981, où il développe ce thème :

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2019-11-12T18:19:57+01:00juin 11th, 2010|Mots-clés : , |Commentaires fermés sur Qu’est-ce que c’est un homme : Satprem

Tout est vrai au pays de la Terre : la poésie d’Anana Terramorsi

Anana Terramorsi, artiste, poétesse, guérisseuse spirituelle, a toujours cherché, dans ses multiples activités, à “accéder à une vérité de l’être”, comme l’a écrit Lydia Harambourg dans la monographie qu’elle lui a consacrée ( aux Editions du Cercle d’Art en 1999 ).

Et cette vérité, c’est en particulier par la Nature, par la terre, au travers du jardin, qu’elle peut être perçue. “Voir” le Réel, faire passer les autres dans d’autres dimensions, dans ce monde vrai qui est le monde réel, c’est une seule et même inspiration, que ce soit au jardin, dans l’atelier , en écrivant un poème, ou en étant guérisseuse. Tout se passe en direct : un passage vers l’inconnu.

Voici un court extrait d’un prochain recueil de ses poèmes, intitulé “Buée turquoise”

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2019-11-13T21:51:20+01:00février 2nd, 2010|Mots-clés : , |Commentaires fermés sur Tout est vrai au pays de la Terre : la poésie d’Anana Terramorsi

N’être rien : Le Clown d’Henri Michaux

Le Clown, poème d’Henri Michaux, est l’un de ceux qui ont été le plus commentés et en même temps l’un de ceux qui ont été le moins compris. La plupart n’y ont vu que la nécessité de l’humilité pour éviter le narcissisme, la prétention, la fatuité…

Mais ce texte va bien au delà de ce genre de principes de morale et de bienséance. Il nous dit qu’en n'”étant rien”, qu’en se détachant de l’obsession d’être quelqu’un, on peut accéder à une liberté supérieure, et entrer “dans l’infini esprit sous-jacent” à toute chose.

Voici une lecture de ce poème par Juliette Binoche, extrait de l’émission “A voix nue” de Jérome Clément du 8 Janvier 2010 sur France Culture.

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2019-11-16T18:54:23+01:00janvier 11th, 2010|Mots-clés : , |Commentaires fermés sur N’être rien : Le Clown d’Henri Michaux

L’état de non-pensée : les poèmes de Pessoa

Fernando Pessoa, le très grand, l’immense, poète portugais a plus que tout autre exalté la vérité de la simple Présence des choses, telles qu’elles sont et non telles qu’on les imagine. “Il y a passablement de métaphysique dans la non-pensée” disait-il…

Et en effet toute son oeuvre rend compte de cet état d’être si particulier qu’éprouve le poète ou le mystique, cet “état de poésie” pourrait-on dire, état d’acceptation totale du Réel, état d’innocence d’avant la pensée, mais non de rêverie, car il y faut une grande attention à ce qui est.

Et aussi état de non-volonté, car volonté = pensée = contrôle = désirs et ambition. Pessoa n’était pas dans l’ambition et le désir. C’était juste le modeste salarié d’une maison de commerce portugaise, un homme casanier aimant à flâner dans le quartier des artisans de Lisbonne : “que ne suis-je la poussière du chemin” écrivait-il dans le recueil de ses poèmes intitulé “Le Gardeur de troupeaux” ( réédité par exemple dans la collection Poésie de Gallimard en 2005 ) dont voici un petit extrait, dit par Laurence Terramorsi.

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2019-11-17T20:03:31+01:00janvier 8th, 2010|Mots-clés : , , |Commentaires fermés sur L’état de non-pensée : les poèmes de Pessoa

Connaître le Réel : Les Causeries sur la botanique de J.-H. Fabre

Le célèbre botaniste Jean Henry Fabre a écrit au début du XXéme siècle – à une époque de croyance au progrès technique et de révérence portée aux sciences dures – un merveilleux livre, “La Plante – causeries sur la botanique”, où il donne ses premières leçons de botanique à son fils ( voir par exemple l’édition de 1923 chez Delagrave, 15 rue Soufflot à Paris ).

Cet ouvrage non spécialisé, rédigé dans un style limpide et vivant, mais pourtant imprégné d’une compréhension profonde du monde végétal, est une illustration du fait que la connaissance et la compréhension de la Nature peuvent – et sans doute même nécessitent – de se passer du langage abstrait, sec et ennuyeux de la science spécialisée. Et qu’une langue simple rendant compte d’observations courantes fait mieux accéder à la Réalité qu’un charabia ésotérique, à condition bien sûr qu’elle soit le fait de personnes ayant elles-mêmes compris en profondeur cette Réalité…

Voici un extrait du 1er chapitre de ce livre, où le narrateur explique l’organisation fondamentale du végétal à partir d’une comparaison entre celui-çi et ces animaux particuliers qu’on appelle polypiers.

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2019-11-17T20:07:27+01:00décembre 31st, 2009|Mots-clés : , , |Commentaires fermés sur Connaître le Réel : Les Causeries sur la botanique de J.-H. Fabre

L’amour de la Terre : les poèmes d’Yves Bonnefoy

Aimer la Terre, la Nature, la Vie, c’est aimer le Réel plutôt que le virtuel, aimer l’évidence des choses qui sont, plutôt que se perdre dans les rêves, les chimères, le surréel, le transhumain…C’est donner sa place à chaque chose, respecter l’identité des êtres plutôt que projeter sur eux nos propres fantasmes… C’est donner sa place au temps, à la lenteur, à l’éternité, plutôt que tout vouloir sur le champ…

Mais aimer la Terre, profondément, c’est aussi souffrir pour elle, pour ce qui lui est fait par les hommes, c’est éprouver une tristesse, une nostalgie, de voir s’éloigner et disparaître tout ce qui en fait la beauté.

Yves Bonnefoy, le grand poète français, nous fait souvent ressentir cette nostalgie de la Terre aimée, des arbres, des pierres, du simple, mais aussi de la terre “qui finit, là, devant nous, comme un bord abrupt de falaise”

Voici un extrait du poème “Le Souvenir”, lui-même partie d’un recueil intitulé “Ce qui fut sans lumière” ( édité en 1987 au Mercure de France, 26 rue de Condé, 75006 Paris )

Extrait 'Le souvenir' (71 téléchargements)
2019-11-17T20:44:44+01:00décembre 24th, 2009|Mots-clés : , |Commentaires fermés sur L’amour de la Terre : les poèmes d’Yves Bonnefoy
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