COMME C'EST BEAU!
POÉSIE ET ECOLOGIE

Donner au monde ou se réaliser : L’escargot et le rosier, conte d’Andersen

Il était une fois…un conteur du nom de Hans Christian Andersen, né en 1805 au Danemark, qui a nous a laissés 156 contes, dont beaucoup de très célèbres.

Il en est un, “l’escargot et le rosier”, qui parle plaisamment d’une question bien sérieuse, et qui devait turlupiner Andersen lui-même : dans la vie faut-il, à l’image de l’escargot, prévoir de faire “des choses bien plus grandioses que de fleurir, porter des noisettes ou donner du lait”,“servir à quelque chose”, ou bien faut-il, à l’image du rosier, qui a toujours ses roses, cela ne va pas plus loin”, fleurir joyeusement année après année ?…

“Que donnez-vous au monde ?” demande le rosier : ” je crache sur le monde” répond l’escargot…

Voici ce conte, dit par Ka00 sur Audiocite.net :

Donner au monde ou se réaliser (830 téléchargements)
2019-11-12T17:56:09+01:00juin 30th, 2010|Mots-clés : , , |Commentaires fermés sur Donner au monde ou se réaliser : L’escargot et le rosier, conte d’Andersen

La vie à l’état pur : Enfance, de Nathalie Sarraute

Dans son autobiographie “Enfance”, parue en 1983 aux Editions Gallimard, Nathalie Sarraute évoque quelques instants de pure extase – “la vie à l’état pur” – qu’elle a éprouvés petite fille au jardin du Luxembourg alors qu’elle regardait “les espaliers en fleurs le long du petit mur de briques roses”

Elle parle de ces moments où l’on cesse d’exister, où le moi se fond dans la pure présence et où il n’y a rien à dire…Elle parle en fait de l’Amour et de l’Inconnu, tels qu’ils peuvent être éprouvés par une petite fille assise sur un banc : “Mais il arrive parfois tant la vitalité que cela possède est obstinée, que sous tout les édifices que le mot Amour a dressés…soudain, comme dans un monde intact et innocent, quelque chose à peine perceptible….venu d’où?…se dégage…et ne trouvant sa place nulle part, aucun mot n’est là pour le recevoir”…

Voici un extrait de ce texte, lu par l’auteure elle-même :

la vie à l'état pur (60 téléchargements)
2019-11-13T21:41:18+01:00avril 16th, 2010|Mots-clés : |Commentaires fermés sur La vie à l’état pur : Enfance, de Nathalie Sarraute

La parole qui guérit : Christian Bobin – La Part Manquante

Dans “La voix, la Neige”, partie du recueil “La Part Manquante”, Christian Bobin évoque la puissance de la voix, de la parole dite “qui guérit les âmes captives”, et nous ramène à l’enfance, au simple.

Et c’est bien ce que nous essayons de transmettre sur ce blog en donnant à entendre des voix inspirées, des voix qui portent en elles et nous font éprouver cet “état de poésie” où nous sommes parfois, lorsque nous arrivons à oublier quelques instants l’efficience, la raison et la complexité.

Car comme le dit Christian Bobin : “aimer, c’est aimer ce qui est simple”…

Voici un court extrait de ce texte,lu par l’auteur lui-même ( voir le CD édité en 2007 dans la collection “Ecouter, lire” chez Gallimard )

la parole qui guérit (252 téléchargements)
2019-11-14T17:27:36+01:00avril 3rd, 2010|Mots-clés : , , |Commentaires fermés sur La parole qui guérit : Christian Bobin – La Part Manquante

Rester fidèle à la Terre : Ainsi parlait Zarathoustra…

“Ainsi parlait Zarathoustra”, l’ouvrage magistral de Frédéric Nietzsche qui résume et synthétise sa pensée, porte un espoir, celui d’un nouvel avenir pour l’homme.
Cet espoir passe par la fidélité à la Terre, à la Vie, au corps, nécessaires pour ne pas s’égarer, pour se détacher des erreurs et ignorances du passé.
Il passe aussi par la métamorphose du regard, qui doit rejoindre le regard de l’enfant : “innocence et oubli, commencement nouveau, jeu, roue qui se meut elle-même, premier mobile, affirmation saine”.
Il passe enfin par l’évacuation du superflu et surtout des superflus, qui semble d’une surprenante actualité :

Voyez donc ces superflus ! ils veulent les oeuvres des inventeurs et les trésors des sages : ils appellent leur vol civilisation – et tout leur devient maladie et revers !
Voyez donc ces superflus ! ils sont toujours malades, ils rendent leur bile et appellent cela des journaux. Ils se dévorent et ne peuvent même pas se digérer!
Voyez donc ces superflus ! ils acquièrent des richesses et en deviennent plus pauvres. Ils veulent la puissance et avant tout le levier de la puissance, beaucoup d’argent – ces impuissants !…

Voici un court extrait de ce texte, lu par Michael Lonsdale ( Editions Thélème, 10 rue de Pontoise, 75005 Paris ) :

rester fidele à la terre (140 téléchargements)
2019-11-14T18:06:30+01:00mars 12th, 2010|Mots-clés : , , |Commentaires fermés sur Rester fidèle à la Terre : Ainsi parlait Zarathoustra…

L’espoir de l’innocence : les planches courbes d’Yves Bonnefoy

Nous avons déja mis en ligne un texte d’Yves Bonnefoy à propos de l’amour de la terre, et de la tristesse à en voir disparaître peu à peu la beauté. Mais au delà de cette tristesse il y a aussi l’espoir : “la vie s’achève, la vie demeure” écrit-il dans son recueil de poèmes “Les planches courbes” ( publié au Mercure de France en 2001 ).

L’espoir “que ce monde demeure, malgré la mort”. Et cet espoir est personnifié par l’enfant. Il s’agit, au-delà des mots, d’un retour à l’enfance, à l’innocence, aux sensations :


Et demain, à l’éveil,
Peut-être que nos vies seront plus confiantes
Où des voix et des ombres s’attarderont,
Mais détournées, calmes, inattentives,
Sans guerre, sans reproche, cependant
Que l’enfant près de nous, sur le chemin,
Secouera en riant sa tête immense,
Nous regardant avec la gaucherie
De l’esprit qui reprend à son origine
Sa tâche de lumière dans l’énigme

Voici un court extrait ce ce recueil, lu par le poète lui-même, lors d’un enregistrement à Tours le 5 mars 2002:

l'espoir de l'innocence (7 téléchargements)
2019-11-16T18:12:38+01:00février 6th, 2010|Mots-clés : , |Commentaires fermés sur L’espoir de l’innocence : les planches courbes d’Yves Bonnefoy

Qu’est-ce que la beauté ? L’inconnu sur la Terre de Le Clézio

Jean-Marie Le Clézio a écrit son essai “L’inconnu sur la terre” en 1978 ( publié chez Gallimard cette même année ). Cet inconnu est un petit garçon : “au bord des nuages, comme sur une dune de sable,un petit garçon inconnu est assis et regarde à travers l’espace…Et ce qui nous est proposé dans cet essai c’est de voir le monde comme le fait un petit garçon, le petit garçon que chacun porte en soi, avec innocence et émerveillement devant sa beauté infinie, éternelle, sans origine et sans fin.

Car c’est bien d’une méditation sur la beauté dont il s’agit ici, cette beauté qui ne peut être perçue que par celui qui s’oublie lui-même…

En voici un court extrait, lu par Laurence Terramorsi

qu'est-ce que la beauté ? (7 téléchargements)
2019-11-16T18:49:02+01:00janvier 13th, 2010|Mots-clés : , |Commentaires fermés sur Qu’est-ce que la beauté ? L’inconnu sur la Terre de Le Clézio

L’état de non-pensée : les poèmes de Pessoa

Fernando Pessoa, le très grand, l’immense, poète portugais a plus que tout autre exalté la vérité de la simple Présence des choses, telles qu’elles sont et non telles qu’on les imagine. “Il y a passablement de métaphysique dans la non-pensée” disait-il…

Et en effet toute son oeuvre rend compte de cet état d’être si particulier qu’éprouve le poète ou le mystique, cet “état de poésie” pourrait-on dire, état d’acceptation totale du Réel, état d’innocence d’avant la pensée, mais non de rêverie, car il y faut une grande attention à ce qui est.

Et aussi état de non-volonté, car volonté = pensée = contrôle = désirs et ambition. Pessoa n’était pas dans l’ambition et le désir. C’était juste le modeste salarié d’une maison de commerce portugaise, un homme casanier aimant à flâner dans le quartier des artisans de Lisbonne : “que ne suis-je la poussière du chemin” écrivait-il dans le recueil de ses poèmes intitulé “Le Gardeur de troupeaux” ( réédité par exemple dans la collection Poésie de Gallimard en 2005 ) dont voici un petit extrait, dit par Laurence Terramorsi.

l'état de non-pensée (77 téléchargements)
2019-11-17T20:03:31+01:00janvier 8th, 2010|Mots-clés : , , |Commentaires fermés sur L’état de non-pensée : les poèmes de Pessoa

Le bonheur simple des jours qui passent : la poésie de Cécile Sauvage

Quoi de plus important que ce qui ne l’est pas : les jours et les saisons qui passent, la vie simple, le sentiment de la nature… Pourquoi vouloir ce que l’on n’a pas, pourquoi désirer ce qui est ailleurs, pourquoi se poser des questions qui n’ont pas de réponses, pourquoi se repaître jour après jour des mauvaises nouvelles qui viennent du monde extérieur…Ne vaut-il pas mieux, comme le dit si bien Cécile Sauvage “ignorer le désir, les gloses” et éviter “le souci d’être grand et de se définir”?

Cécile Sauvage, née en 1883 à La Roche sur Yon, mère d’Olivier Messiaen le compositeur, a été la poètesse de l’innocence, de la vie simple, des petits bonheurs quotidiens. Ses oeuvres complètes ont été publiées pour la première fois en 1929 et rééditées à La Table Ronde ( 7 rue Corneille, Paris 6ème ) en 2002.

Voici un extrait de ses oeuvres, un court poème intitulé “Voeux simples”, dit par Laurence Terramorsi

le bonheur simple des jours (44 téléchargements)
2019-11-17T20:17:30+01:00décembre 27th, 2009|Mots-clés : , , |Commentaires fermés sur Le bonheur simple des jours qui passent : la poésie de Cécile Sauvage