Mikhaïl Lermontov, poète russe mort en duel en 1841 à 27 ans, eut quelques problèmes avec l’impitoyable tsar Nicolas 1er, qu’il osa critiquer pour sa politique d’extrême conservatisme et de retour à la réaction…

On dit d’ailleurs que le tsar, apprenant sa mort, murmura plaisamment “A un chien une mort de chien”, ce chien qu’il envoya faire la guerre dans le Caucase, mais qui écrivait néanmoins : « Oui, j’aime ma patrie, mais je l’aime d’un amour qui m’est propre, et que tous les arguments de la raison essaieraient en vain de modifier. J’ai beau faire, je ne puis m’enthousiasmer pour la barbarie, ni pour celle d’aujourd’hui, ni pour celle des temps passés. Je n’aime pas la gloire achetée par la violence, je n’aime pas l’arrogance appuyée sur les baïonnettes ; mais j’aime, sans savoir pourquoi, le silence et la solitude des steppes, j’aime le bruissement des forêts pendant la nuit et le murmure sans fin des torrents, quand un souffle printanier fait fondre les glaces. J’aime à chasser dans les plaines désertes, à pousser mon cheval au hasard et à chercher mon chemin dans la nuit. J’aime aussi dans nos villages l’aire chargée de grains, les toits couverts de chaume, la ferme aux fenêtres sculptées, et le dimanche, quand les paysans ivres se mettent à danser dans la taverne, j’aime à les voir oublier dans le bruit et la joie toutes les tristes misères de la semaine. »

Ce résistant n’écrivait-il pas encore : “Nous plions sans combattre, indifférents au mal comme au bien” dans ce poème intitulé “Ma génération m’attriste et me dégoute”, lu par Félicien Juttner sur France Culture le 29 décembre 2010.

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