Rainer Maria Rilke, poète né à Prague en 1875, séjourna quelque temps dans le chateau de Duino au bord de l’Adriatique, où il composa les “Elégies de Duino”, sans doute son chef d’oeuvre.

A propos de la 8ème Elégie, Roger Munier a écrit : “le poète pointe le doigt sur un invisible qui fait de l’humain un spectateur, un être hors du monde”.

Et en effet cet invisible, cet “Ouvert” comme l’appelle Rilke, est difficilement accessible à l’homme qui “ne peut laisser être. Il faut qu’il situe, distingue, repère, donne lieu”. Au contraire de l’animal, qui a directement accès à cet invisible, parce qu’il “n’a pas la conscience qui rassemble et délimite, érige dans la lumière, concentre mais sépare”. C’est pourquoi “tous les yeux de tout ce qui vit voient dans l’Ouvert…et seuls nos yeux sont comme retournés, posés autour de tout comme des pièges, scellant toute ouverture…”

Voici un court extrait de cette 8ème Elégie, traduite par Gérard Signoret, et lue par Vincent Planchon, sur le site Audiocite.net

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