Fernando Pessoa, le très grand, l’immense, poète portugais a plus que tout autre exalté la vérité de la simple Présence des choses, telles qu’elles sont et non telles qu’on les imagine. “Il y a passablement de métaphysique dans la non-pensée” disait-il…

Et en effet toute son oeuvre rend compte de cet état d’être si particulier qu’éprouve le poète ou le mystique, cet “état de poésie” pourrait-on dire, état d’acceptation totale du Réel, état d’innocence d’avant la pensée, mais non de rêverie, car il y faut une grande attention à ce qui est.

Et aussi état de non-volonté, car volonté = pensée = contrôle = désirs et ambition. Pessoa n’était pas dans l’ambition et le désir. C’était juste le modeste salarié d’une maison de commerce portugaise, un homme casanier aimant à flâner dans le quartier des artisans de Lisbonne : “que ne suis-je la poussière du chemin” écrivait-il dans le recueil de ses poèmes intitulé “Le Gardeur de troupeaux” ( réédité par exemple dans la collection Poésie de Gallimard en 2005 ) dont voici un petit extrait, dit par Laurence Terramorsi.

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