Point n'est besoin de Rolex, de gadgets électroniques, ou d'amis milliardaires, pour goûter le bonheur simple des jours qui passent..
 
Voyez où nous ont conduit la raison raisonnante, la technologie débridée et la science arrogante, la volonté de puissance et de conquête, l'avidité financière et l'obsession de la croissance...
 
C'est d'autre chose dont nous avons aujourd'hui besoin : de compassion pour la Terre, de frugalité, de silence et de beauté... Et surtout : de ce souci attentif de l'autre, qui est attribut du féminin...
 
Tout cela nous pouvons l'entretenir en nous en cultivant un "état de poésie", une autre vision de la vie, que nous enseignent certains poètes et artistes, ainsi qu'en témoigne le contenu de ce site.
 
Celui-ci comporte deux parties : une partie variable d'articles mis en ligne au fil des jours, et une partie fixe - le catalogue - comportant des documents introuvables ou épuisés.

mardi 31 mai 2011

Je ne suis pas sur terre pour tuer des pauvres gens : Boris Vian

Dans ce poème archi connu de Boris Vian – Le Déserteur – chanté ici par Serge Reggiani ( Disques Jacques Canetti – 1964 ), il était déja question de non-violence et de désobéissance civile…

Et ce que tout le monde ne sait pas c’est que cette chanson, dès qu’elle fut enregistrée, fut interdite de diffusion à la radio et interdite à la vente.

Il y eût même un député, Paul Faber, pour prétendre qu’il s’agissait là d’une insulte aux anciens combattants, et Boris Vian écrivit à ce député une longue et belle lettre, dont voici un extrait :

« Croyez-moi…. »ancien combattant », c’est un mot dangereux; on ne devrait pas se vanter d’avoir fait la guerre, on devrait le regretter – un ancien combattant est mieux placé que quiconque pour haïr la guerre. Presque tous les déserteurs sont des « anciens combattants » qui n’ont pas eu la force d’aller jusqu’à la fin du combat. Et qui leur jettera la pierre ? Non…si ma chanson peut déplaire ce n’est pas à un ancien combattant, cher Monsieur Faber. Cela ne peut être qu’à une certaine catégorie de militaires de carrière ; jusqu’à nouvel ordre je considère l’ancien combattant comme un civil heureux de l’être. Il est des militaires de carrière qui considèrent la guerre comme un fléau inévitable et s’efforcent de l’abréger. Ils ont tort d’être militaires, car c’est se déclarer découragé d’avance et admettre que l’on ne peut prévenir ce fléau -mais ces militaires là sont des hommes honnêtes. Bêtes mais honnêtes. Et ceux-là non plus n’ont pas pu se sentir visés. Sachez le certains m’ont félicité de cette chanson. Malheureusement il en est d’autres. Et ceux-là, si je les ai choqués, j’en suis ravi. C’est bien leur tour. Oui, cher Monsieur Faber, figurez-vous, certains militaires de carrière considèrent que la guerre n’a d’autre but que de tuer les gens. Le général Bradley par exemple, dont j’ai traduit les mémoires de guerre, le dit en toutes lettres. Entre nous, les neuf dixièmes des gens ont des idées fausses sur ce type de militaire de carrière. L’histoire telle qu’on l’enseigne est rempli du récit de leurs inutiles exploits et de leurs démolitions barbares… »

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